Le Golfe du Morbihan histoire et géographie

LE GOLFE DU MORBIHAN

«Selon la légende, des fées auraient été chassées de la forêt de Brocéliande. Elles versèrent tant de larmes que se créa le Golfe du Morbihan. Elles y jetèrent leurs couronnes de fleurs, qui donnèrent le jour aux trois cent soixante-cinq îles du golfe. Trois couronnes s’aventurèrent jusqu’à l’Océan pour former Houat, Hoedic et la plus belle des trois, celle de la reine des fées, Belle-Ile.»
Enquête scientifique sous la direction de J.-P. Perthuisot, professeur de biogéologie à la Faculté des Sciences et Techniques de l`Université de Nantes.

Realisé en avril 1997 par:

Raino-Lars Albert
Nadia Cantin
Peter Joly
Gwénaëlle Terras

LE GOLFE DU MORBIHAN

TABLE DE MATIERES

Introduction
Sa formation géologique (par Peter Joly)
I- Quelle est le cadre physique actuel du Golfe du Morbihan ?
II- Comment s’est déroulée la genèse du massif Armoricain ?
III- Quelles causes géologiques ont permis d’aboutir à la formation du Golfe du Morbihan?
A- Tectonique tertiaire
B- Transgressions et régressions au Quaternaire
Le cycle de marée, l’hydrodynamique et la sédimentologie … (par Peter Joly)
I- Un cycle de marée perturbé…
A- …par l’étroitesse de l’unique voie de communication avec l’océan
B- …par la configuration bathymétrique, héritage du Quaternaire
II- Un processus d’appel et de chasse donnant naissance à de forts courants
III- Le Golfe du Morbihan porte-t-il bien son nom de ‘petite mer intérieure’ ?
Préhistoire et paléoenvironnement (par Nadia Cantin)
I- Généralités
II- Quelques sites
A- Gavrinis
B- Locmariaquer
III- Matériaux utilisés
IV- Paléoenvironnement
Conclusion
Les intérêts biologiques (par Gwénaëlle Terras)
I- Les facteurs concourants à la richesse de ce site
A- Des facteurs abiotiques particuliers
B- Les prés salés, schorre ou herbu (carte annexe 11)
C- Les vasières ou slikke (carte annexe 11)
D- Les marais endigués (carte annexe 11)
II- Les intérêts floristiques et faunistiques
A- Les particularités floristiques
B- La faune benthique
C- L’existence d’une nurserie pour les poissons et les seiches
D- La richesse ornithologique
III- Une richesse à protéger
A- La convention de RAMSAR
B- Des mesures de préservations
Activités économiques et questions environnementales (par Raino-Lars Albert)
I- La pêche
II- La conchyliculture
III- L’agriculture
IV- Les industries autour des pôles urbains
V- Le tourisme
VI- La pollution de l’eau et les actions de préservation
Conclusion
Bibliographie

INTRODUCTION

A l’entrée du Golfe du Morbihan
Une réalité difficile à saisir; dans le paysage, pour le promeneur, étrangement charmé par le sentiment flou qui émane de cette région basse où l’on ne sait trop où finit vraiment la terre et où s’arrêtera la mer. Pourtant, nous allons tenter, dans cet exposé, d’aller au-delà de la poésie du paysage, et de comprendre la complexité de ce lieu.
Afin de comprendre les richesses biologiques du Golfe du Morbihan, l’environnement et les activités économiques qui s’y ont développées, il nous semble nécessaire de connaître le passé géologique et préhistorique du golfe.

SA FORMATION GÉOLOGIQUE …

‘Le golfe du Morbihan, un site original où s’affrontent la terre et la mer, l’eau douce et l’eau salée.’

De cette structure géologique particulière va découler tout un environnement typique du Morbihan tel qu’une forte hydrodynamique et un marnage complexe à l’intérieur du Golfe. D’abord, nous allons décrire le cadre physique du Golfe du Morbihan. Ensuite, nous étudierons la genèse du massif Armoricain au cours des temps géologiques. Enfin, nous recadrerons la formation du Golfe du Morbihan à partir de l’orogenèse hercynienne du massif.

I- Quelle est le cadre physique actuel du Golfe du Morbihan ?

Parmi les dépressions sublittorales de la Bretagne méridionale, le Golfe du Morbihan est une baie ‘fermée’ parsemée d’îles et d’îlots. C’est en quelque sorte une petite dépression littorale, qui s’allonge selon un axe WNW-SSE, faille partant de la pointe du Raz et allant jusqu’au pays Nantais.

D’une longueur de 20 km par une largeur de 16 km, le Golfe représente un plan d’eau de 11500 ha, dont plus du tiers appartient au milieu intertidal (zone d’oscillation de la marée): 8000 ha de fonds sablo-vaseux et près de 4000 ha de vasières découvertes à marée basse. Un bassin versant correspondant aux landes de Lanvaux domine à 150 m d’altitude au Nord du Golfe qui joue par conséquent le rôle de réceptacle.

Ce système s’organise autour de trois rivières, de direction Nord-Sud: la rivière d’Auray, la rivière de Vannes et la rivière de Noyalo. La rivière d’Auray est la plus importante; c’est aussi la plus excentrée à l’Ouest par rapport au site du Golfe; son cours est caractérisé par une série d’étranglements rocheux et d’élargissements vaseux. Par contre, à l’Est, les rives généreuses de la rivière de Noyalo sont occupés par d’anciens marais salants aujourd’hui abandonnés et en voie de comblement par la végétation halophile qui s’est largement développée dans les anses latérales. L’évacuation de ces trois rivières, aux débits modestes, se fait par un passage unique, très étroit (900 m) et excentré à l’ouest: le goulet de Port-Navalo, situé entre Locmariaquer et Port-Navalo qui, du WNW au SSE, borde l’océan Atlantique.

Le charme de cette région sans grand relief (altitude souvent inférieur à 60 m) émane de l’interpénétration de la terre et de la mer: une trentaine d’îles et d’îlots rocheux parsème cette cuvette. Les deux plus grandes, l’île aux Moines et l’île d’Arz, en occupent la partie centrale et d’une certaine façon constituent la limite naturelle entre un bassin oriental et un bassin occidental. Ce dernier est directement sous influence océanique; il est caractérisé par des courants violents qui résultent de l’étroitesse du goulet de Port-Navalo, par des zones de remous entre les îles et îlots. Le relief sous-marin y est profond (-20 à -15 m), les côtes sont rocheuses, découpées, les vallées encaissées. Contrairement à l’Ouest, le bassin oriental est le siège de courants relativement lents. Ce bassin n’est, en effet, que marais, envasements littoraux bas, imprécis et changeants. Le rivage, absolument plat, s’inscrit dans le prolongement de l’espace liquide.

Près de Port-Navalo

II- Comment s’est déroulée la genèse du massif Armoricain ?

La formation initiale du golfe est indissociable de celle du massif Armoricain. En effet, cette petite mer appartient au domaine Sud-Armoricain séparé du domaine médio-Armoricain par un cisaillement majeur. Cette rupture paléogéographique très importante est présente de la pointe du Raz à Angers. Pour expliquer l’existence de cette faille, il faut remonter au Protérozoïque supérieur (-550 millions d’années) durant lequel se sont exercés des déplacements latéraux pouvant aller jusqu’à 200 km d’une partie de la plaque Aquitaine.
Au Paléozoïque et plus précisément au Dévonien (-400 à -350 millions d’années), cette plaque est entrée en collision avec le domaine médio-Armoricain. Il s’est alors produit une subduction créant cette faille, lieu d’un glissement de la plaque médio-Armoricaine sous la plaque Aquitaine. La phase hercynienne (-300 à -280 millions d’années) est à l’origine de la formation du massif Armoricain et à celle de l’anticlinal sud-Armoricain. Ensuite, après ces événements tectoniques majeurs, le massif a eu une évolution intracontinentale à partir du Carbonifère (-360 à -290 millions d’années). Dans ce contexte érosif, le Golfe du Morbihan a acquis sa structure caractéristique de dépression sublittorale.

III- Quelles causes géologiques ont permis d’aboutir à la formation du Golfe du Morbihan?

A- Tectonique tertiaire

Après la mise en place des plissements de l’orogenèse hercynienne, l’érosion du massif s’est produite de la fin du Primaire au Secondaire et s’est accélérée au Tertiaire sous un climat subtropical, qui a affecté les roches différemment selon leur dureté. Il en résulte une pénéplaine post-éocène. A la suite de la formation des Alpes et des Pyrénées (fin éocène – miocène: -25 à -10 millions d’années), un escalier de failles descendant vers la mer se met en place par un rejeu de cassures non cimentées. Cette pénéplaine rigide est alors découpée en un système de horst et de graben. Le bassin est du Golfe du Morbihan caractérise une zone déprimée, c’est-à-dire une vieille cuvette tertiaire (fond plat et bords peu accentués – profondeur: -20 à -15 m). Par contre, le bassin ouest n’est nullement déprimé tectoniquement. La fin de l’époque Tertiaire sera marquée par un affaissement continu du Golfe, tandis que dans le même temps, la mer commence à l’envahir peu à peu (fin pliocène: -5 millions d’années), à la suite d’un nouveau rejeu des failles.

B- Transgressions et régressions au Quaternaire

C’est au Quaternaire, à la faveur de nombreuses variations climatiques, que l’on assiste à des oscillations considérables du niveau marin (entre +15 mètres au-dessus et -25 mètres au-dessous du niveau actuel). Aux périodes froides, correspondaient un recul du niveau marin réduisant le bassin à l’état d’immenses marécages, parsemés d’îles; les rivières surcreusaient alors leur lit à l’aval, pour atteindre le nouveau niveau zéro qui se trouvaient en dessous du niveau antérieur. Une érosion de type périglaciaire, affectant différemment les roches selon leur dureté (donnant gélifracts et coulées de solifluxion) sévissait lors des phases de dégel qui survenaient lorsqu’un réchauffement se produisait. On assistait alors à une remontée du niveau marin due à la fonte des calottes glaciaires. La mer charriait devant elle un matériau composite dont elle submergeait les zones basses et les rivières surcreusées de l’Est du Golfe. Ces dernières étirent aujourd’hui des bras démesurés, résultant du surcreusement et de l’ennoiement quaternaires. Actuellement, selon les sources de la D.D.E., le niveau moyen des mers s’élèverait de +1 mm par an depuis le début du siècle. Un lent et continu affaissement de l’Ouest du Golfe expliquerait l’ennoiement progressif du Cromlec’h (monument mégalithique) d’Er Lannic. En conclusion, on note que cette dépression littorale du Golfe du Morbihan est en fait un estuaire ennoyé de forme particulière. En breton, on utilise pour le désigner le terme de ledanou (élargissement en breton) ou de ria en bouteille. D’autres rias en bouteille existent de la baie de Douarnenez à la Vilaine et rendent ainsi unique le relief de Bretagne méridionale. Pour expliquer leur formation, on suppose que la disposition du littoral serait due à une direction WNW-SSE d’affleurements métamorphiques. Le littoral serait alors le résultat d’une érosion fluviale travaillant dans une bande de roches tendres , en arrière de la côte; les rétrécissements terminaux seraient dus à la présence de bandes de roches dures affleurant le long du littoral. Cependant, la structure actuelle a été mise en valeur sous l’action combiné d’une érosion différentielle, d’un rejeu tectonique tertiaire et de nombreuses oscillations du niveau marin au Quaternaire.

Le cycle de marée, l’hydrodynamique et la sédimentologie …

Avant de se pencher plus attentivement sur le phénomène actuel que constituent l’installation et le développement des plantes sur la partie supérieur de l’estran et dans les anses des estuaires, il paraît nécessaire de connaître les facteurs physiques qui ont joué et jouent un rôle écologique et morphodynamique important dans leur développement.

I- Un cycle de marée perturbé…

Le Golfe du Morbihan se trouve hors de la circulation océanique générale, car ce bassin intérieur est protégé des houles océaniques par le tombolo de Quiberon et bordé par la barrière de hauts fonds et d’îles (Houat, Hoëdic, Belle-Ile) du Mor braz (la grande mer). De ce fait, les principaux courants affectant le Golfe sont les courants de marée (flot et jusant) qui, pénétrant par le goulet de Port-Navalo, se renversent quatre fois par jour. La marée représente l’agent morphodynamique fondamental de la géomorphologie de l’estran, en contribuant à la mise en place du matériel sédimentaire et à la construction des microfalaises.

A mer basse près de Port-Navalo

A- …par l’étroitesse de l’unique voie de communication avec l’océan

Le Golfe du Morbihan est classé parmi les ‘baies fermées’, c’est-à-dire celles qui ne communiquent avec la mer que par un étroit passage. Hydrologiquement, ces baies connaissent un cycle de marée perturbé. D’une part, lorsque la mer est étale, le niveau s’élève encore. Au flot, les courants montent vers la terre, alors que d’autres à proximité continuent à descendre en sens inverse. Ainsi, le Golfe est sillonné par des courants et des contre-courants qui s’alternent le long de zones de calme, créant tourbillons et remous. D’autre part, le marnage (amplitude maximale entre la haute et la basse mer) est plus faible à l’intérieur qu’à l’extérieur lorsque l’ouverture de la baie est faible et le bassin étendu. Cette diminution du marnage n’existe pas en baie d’Arcachon qui, par rapport à son étendue (160 km2) possède une large ouverture de 3 km, tandis qu’elle est sensible dans le Golfe du Morbihan (110 km2 pour une ouverture de 900 m). Le marnage est de 5 m à Port-Navalo, de 4.5 m à Vannes. Ce marnage de 4.5 à 5 m est très faible par rapport à celui de pleine mer (environ 8 m).

B- …par la configuration bathymétrique, héritage du Quaternaire

Les courants de marée empruntent des chenaux qu’ils n’ont pas créés. Le réseau hydrographique du Golfe, bien visible à marée basse, correspond en effet aux lits, surcreusés vers l’aval, des trois rivières ennoyées lors de la transgression flandrienne, au Quaternaire. Ces lits ont ensuite été en partie comblés par apport latéral de vase.
Il en résulte, aujourd’hui, à l’échelle du Golfe, une déclivité semblable à celle d’une rivière à pente faible. Cette déclivité irrégulière des fonds sous-marins aura des conséquences importantes sur la vitesse des courants et sur le processus d’érosion et d’alluvionnement. En effet, les hauts-fonds de l’Ouest du Golfe vont freiner et absorber une grande partie de l’énergie destructrices des violents courants nés de l’étroitesse du goulet d’entrée. Les premières îles achèveront de leur barrer l’Est du Golfe.

II- Un processus d’appel et de chasse donnant naissance à de forts courants

L’étroitesse du goulet de Port-Navalo et la configuration topographique du Golfe créent des courants parmi les plus violents du littoral français. En effet, lors des pleines mers de vive eau (coefficient 120), on peut observer des courants de 3.8 m/s au rétrécissement de la Passe des Moutons, entre Locmariaquer et Port-Navalo.
Ceci est dû à un processus d’appel et de chasse de la marée. Le flot (courant qui accompagne la montée du niveau marin) connaît des vitesses légèrement inférieurs à celles du jusant (courant qui accompagne la baissée des eaux) car les courants de marée sont contrariés à l’entrée du Golfe par la poussée des eaux continentales de la rivière d’Auray, au Nord-Ouest. Les courants obliquent alors vers le Nord-Est en entrant dans le bassin, pour s’atténuer entre les îles et presqu’îles et venir mourir sur l’estran peu profond des côtes Sud-Est, à l’embouchure de la rivière de Noyalo.

III- Le Golfe du Morbihan porte-t-il bien son nom de ‘petite mer intérieure’ ?

La configuration du Golfe perturbe le cycle de marée et empêche le renouvellement biquotidien des eaux. De plus, contrairement à ce que laisse penser l’étymologie bretonne de son nom, le Golfe du Morbihan n’est pas une petite mer intérieure; il fonctionne plutôt comme un estuaire (un estuaire formé de trois rivières) où se font sentir des influences marines et fluviales. Il en résulte un gradient de salinité de l’amont à l’aval, soumis aux variations courantologiques et climatiques (vent) locales, qui individualisent non pas deux, mais plusieurs bassins aux caractéristiques hydrologiques, sédimentologiques et écologiques propres.
Maintenant que l’ensemble des phénomènes physiques qui gèrent le fonctionnement du Golfe du Morbihan sont définis, il nous est possible d’aborder les aspects historiques, biologiques, environnementaux et économiques qui font de cette région un site remarquable.

PRÉHISTOIRE ET PALÉOENVIRONNEMENT

Le golfe du Morbihan est une zone exceptionnelle par le nombre, l’importance et la variété des monuments mégalithiques. Ces édifices (en concentration extraordinaire dans le Golfe) longtemps pris pour les oeuvres des Celtes, ont été construits au Néolithique (7500 BP-5000 BP). Cette période est une véritable révolution puisque l’homme découvre l’agriculture, se sédentarise et prend pour la première fois possession d’un territoire et «l’aménage ». L’existence des mégalithes est d’une importance extrême car c’est la première trace d’architecture, donc la première marque de puissance de la société.

I- Généralités

Ces constructions sont l’oeuvre des peuplades néolithiques issues essentiellement des anciens chasseurs-cueilleurs locaux et de peuplades venant du Midi de la France, apportant de nouvelles techniques. Trois grands groupes de mégalithes sont aujourd’hui différenciés.
Les menhirs ( pierre longue, en breton) sont des blocs de pierre brute, de dimensions variables. On les retrouve parfois sur des hauteurs, isolés, en alignements (Carnac), et parfois en enceintes circulaires (Er Lannic, à demi recouvert par les eaux). Les interprétations sont diverses, mais les auteurs y voient souvent la figuration d’une divinité.

Les dolmens (table de pierre, en breton) sont des édifices funéraires construits souvent sur le même modèle: un couloir amenant à une chambre mortuaire, et une ouverture toujours au sud-est. Le sol étant souvent trop acide, les ossements n’ont pas été conservés. Il est probable que ce monument servait aux personnes importantes du village, de plus des offrandes sous forme de morceaux de poteries ont été retrouvées. Parfois, les piliers de ces dolmens sont ornés (Gavrinis, Pierres Plates…).

Il est important de noter qu’au Néolithique, le dolmen n’apparaissait pas ainsi, il était probablement surmonté d’un cairn (ou tumulus), qui est une construction en pierres sèches, protégeant la chambre mortuaire. Ainsi, le monument apparaissait-il plus imposant et plus visible dans le paysage. Notons également que les peuplades n’habitaient pas près de ces lieux, mais sur les limons littoraux fertiles, dans des constructions en bois. Avec la remontée des eaux, ces hypothèses n’ont pu être vérifiées.

II- Quelques sites

Les sites étant nombreux dans le Golfe, nous présenterons ici deux des plus fameux, ayant à la fois une valeur générale et exceptionnelle.

A- Gavrinis

Au Nord, l’île de Gavrinis n’est séparée du continent que par des fonds très faibles, et n’a dû se couper de celui-ci que tardivement. Le cairn, situé à l’extrémité Sud de l’île, est l’un des plus beaux et mieux conservés. Il s’agit dans ce cas d’art néolithique, compte-tenu du nombre et de l’importance des gravures.

L’île de Gavrinis, vue du sud vers le cairn.
Ce cairn fait environ 60 mètres de diamètre et 7 mètres de haut et comprend un dolmen de plan carré de 2.50 mètres de côté, précédé d’un long couloir de 14 mètres. Le dolmen est constitué d’un assemblage d’une cinquantaine de dalles brutes juxtaposées, dont la plus importante recouvrant la chambre pèse près de 17 tonnes. 23 dalles formant les piliers sont ornées. Les gravures de haches, crosses, motifs serpentiformes, écussons, signes en U… ornant les parois du site ont fait la renommée de Gavrinis.

La dalle recouvrant la chambre porte sur sa face supérieure une grande « hache-charrue », une figure de bovidé ainsi que les cornes et l’échine d’un deuxième animal. Elle se raccorde parfaitement avec deux autres pierres de couverture, celle de la Table des Marchands et du tumulus d’Er Grah, situés à Locmariaquer, soit à 4 km de Gavrinis. L’ensemble formait un menhir de 14 mètres de haut. C’est l’élément le plus petit, donc le moins lourd qui a été transporté à Gavrinis.

B- Locmariaquer

La ville de Locmariaquer renferme de nombreux menhirs et dolmens, mais nous ne traiterons ici qu’un seul site, où trois monuments sont étroitement associés et ont été fouillés récemment (L’Helgouac’h, 1986-1992): la Table des Marchands, le tumulus Er Grah (Er Vinglé) et le grand menhir brisé.
La Table des Marchands est un dolmen classique avec un couloir (permettant un lien avec l’extérieur) et une chambre funéraire. Cette tombe était au coeur d’un grand cairn circulaire de 30 mètres de diamètre et 1.5 mètres de haut. La durée de construction d’un tel édifice a été estimée à deux ans, en supposant un travail en collectivité.

Le Grand menhir brisé est un monolithe de 350 tonnes et 20 mètres de haut, brisé en quatre morceaux. Une figure de « hache-charrue » apparaît sur sa face régularisée. La disposition des quatre fragments au sol laisse croire que le monolithe a bien été érigé avant d’être abattu, sans doute intentionnellement dès le Néolithique.

Le tumulus Er Grah est un caveau scellé, et par conséquent, la tombe n’a pu servir qu’une seule fois.

Sur le même site, on a découvert un alignement de 16 fosses dans le sol qui seraient les anciens emplacements de pierres dressées; très probablement débitées au Néolithique. Il ne reste plus aujourd’hui que les blocs de calage de ces menhirs. Le grand menhir brisé et celui reconstitué d’après les pierres de Gavrinis et Locmariaquer en feraient partie.

Cette présentation de ces deux sites mégalithiques, non exhaustive, a permis cependant de nous familiariser avec ces monuments même si certains, comme le Petit Mont d’Arzon (presqu’île de Rhuys), ont tout autant d’intérêts dans l’étude de l’architecture Néolithique.

III- Matériaux utilisés

Des études pétrographiques ont été réalisées (N. Pioline) et ont mis en évidence deux types de roches principalement utilisées dans la construction de mégalithes :
Un granite de couleur beige, non déformé, servant aux pierres de petite taille (piliers et pierres du cairn). Il a été montré qu’il s’agissait du granite de Carnac, c’est donc une roche locale.
Un orthogneiss à gros grains, toujours déformé. Cette roche possède une forme adaptée à l’obtention de dalle plate et de dimension relativement importante, de part l’érosion glaciaire. On retrouve donc ce type de roches dans l’utilisation des tables de couverture. Il s’agit de l’orthogneiss de Roguedas. Quand cette roche n’est pas locale (cas de Locmariaquer), les blocs ont été transportés à l’aide de voies de traînage en bois.
Des dreikanters (galets éolisés à facettes), parfois de 10 à 20 centimètres, ont été retrouvés (Gavrinis); leur utilisation a été attribuée à l’exécution des gravures.

Au Néolithique, la mer (alors en pleine remontée) lave les formations périglaciaires libérant sur les rivages de nombreux amas de pierrailles qu’il suffisait de ramasser, et que l’on retrouve dans la construction des cairns. Cette abondance de pierres dans les champs alentours justifie l’hypothèse d’habitats éloignés des mégalithes, car proches des zones agricoles.

IV- Paléoenvironnement

L’environnement au Néolithique était totalement différent de celui que l’on connaît actuellement. Le Golfe n’existait pas, mais il y avait les rivières de Vannes et d’Auray. Les îles étaient alors des collines, la mer étant 7 à 8 mètres plus bas que le niveau actuel. Par ailleurs, le microclimat qui caractérise cette région justifie l’implantation des peuplades et la forte concentration de monuments mégalithiques qui en résulte.
Une étude environnementale, réalisée dans la tourbière submergée de la pointe de Kerpenhir, à Locmariaquer, a mis en évidence des déforestations et des pratiques agricoles néolithiques (Visset L.). Entre 7590 (+/-300)BP et 6100(+/-75)BP, le paysage est dominé par la chênaie. A chaque chute drastique de celle-ci correspond l’apparition de céréales (blé, orge) et de plantains. A 6100 BP, on passe brutalement d’un paysage forestier à un paysage ouvert avec à peine 15% de chênes. Ce phénomène a une valeur anthropique liée à l’agriculture, à l’élevage, mais aussi à d’autres pratiques. Les besoins en bois devaient être énormes : feux, habitats, construction des mégalithes (voie de traînage et de circulation des matériaux), bateaux, radeaux…

Cette étude révèle la précocité des cultures de céréales dans le Sud de la Bretagne et l’une des premières agressions de l’homme sur son environnement : défrichements et déforestation. Il faut donc imaginer un environnement complètement différent avec des monuments sur des hauteurs, que l’on observe donc actuellement sur des îles. Les mégalithes qui apparaissent aujourd’hui cachés dans la forêt, n’étaient pas perçus ainsi au Néolithique, les défrichements et la déforestation les rendant plus visibles.

Conclusion

L’étude du passé, de l’action de l’homme sur son environnement au Néolithique, est nécessaire pour comprendre l’environnement actuel du Golfe. On a ainsi pu se rendre compte que les modifications apportées à l’environnement ne datent pas d’aujourd’hui.
Une nouvelle forme d’économie est née au Néolithique, par l’agriculture et a engendré une régularité de l’alimentation de l’homme. En conséquence, la qualité de vie ainsi que la population augmente et bouleverse davantage son environnement.

Aujourd’hui, pour faire face à la dégradation des sites, des mesures de protection et de mise en valeur ont été mises en place.

LES INTÉRÊTS BIOLOGIQUES

I- Les facteurs concourants à la richesse de ce site

A- Des facteurs abiotiques particuliers

De facteurs abiotiques inhabituels découle un milieu propice à une activité marine intense qui est à l’origine de la richesse faunistique et floristique de ce site; c’est pourquoi il apparaît important de citer ces paramètres spécifiques. Le bassin occidental présente un relief sous marin accentué parcouru par des courants violents, contrairement à l’oriental présentant des fonds fortement envasés, engendrés par un faible hydrodynamisme et des platiers très peu profonds. Par ailleurs les eaux de ruissellement du bassin versant apportent au golfe des sels minéraux, de la matière organique et de l’eau douce. En outre ce bassin bénéficie d’un microclimat clément étant donné qu’il est protégé des houles océaniques, qu’il reçoit un ensoleillement annuel important et une influence maritime profonde. Par ailleurs la variation de salinité et de température est plus importante qu’au large ce qui contribue à sélectionner des espèces euryhalines et eurythermes. Enfin les eaux du golfes sont globalement bien oxygénées par les courants or cet oxygène joue un rôle essentiel dans les phénomènes de décomposition et dans la respiration des êtres vivants.

B- Les prés salés, schorre ou herbu (carte annexe 11)

Ces prés salés sont adjacents au milieu continental et sont seulement inondés aux marées de vives eaux. Les conditions de vie moins austères que pour les milieux ci-dessous cités permettent le développement d’un couvercle végétal varié, dense et continu. Cette zone est essentiellement constituée d’une graminée Puccinellia maritima, qui sert de pâture aux bovins et aux ovins, et d’espèces compagnes avec la lavande de mer Limonium vulgare ancrée à l’aide d’une profonde souche ligneuse et responsable des fleurs violettes du pré salé lors de la saison estivale, d’Obione Halimione portulacoides qui est petit arbrisseau en touffes argentées situé en bordure des marigots, de Jonc maritime Juncus maritimus abondant dans le fond des baies où l’influence marine s’estompe et de Betterave maritime Beta maritima qui colonisent les levées de terre jouxtant le milieu continental. Ces plantes présentent des adaptations remarquables à ce milieu asphyxiant et fortement salé, de plus leurs débris, lessivés par les marées, participent en permanence à l’enrichissement des eaux en matière organique et en sels minéraux. Si l’hiver le schorre présente une végétation voisine de la haute slikke, l’été l’assèchement entraîne la disparition des animaux enfouis au profit des insectes qui envahissent alors ce milieu.

C- Les vasières ou slikke (carte annexe 11)

Les vasières surtout localisées dans le bassin oriental sont situées dans la partie haute de toutes les baies et principalement dans celle de Sarzeau; découvertes à marée basse elles occupent une superficie de 4000 hectares.
La haute slikke n’étant pas inondée pendant la période de mortes eaux peut-être colonisée par des espèces végétales dressées composées de Spartines Spartina maritina et townsendii qui sont des graminées vivaces ancrées dans la vase par leurs profondes et épaisses racines et de Salicornes herbacées Salicornia europaea dont la succulence résulte d’une adaptation au milieu salé et dont les rameaux se colorent en jaune et rouge corail à l’automne. La faune est principalement localisée dans les galeries.

La basse slikke est en partie recouverte par des algues vertes microscopiques sécrétant un voile mucilagineux qui piège les particules en suspensions et permet le maintien des premiers centimètres de vases. Une autre partie de 2000 hectares est colonisée par un important herbier de Zostères (le second du littoral français) avec Zostera noltii dans les niveaux supérieurs exondables et de Zostera marina dans les niveaux inférieurs toujours immergés. Ces Zostères se reproduisent soit de façon végétative, soit de façon sexuée par dissémination de graines au mois de Septembre dont les semences s’installent dans des zones où le courant n’est pas trop violent, c’est pourquoi on les retrouve principalement dans le bassin oriental; et celui de la baie de Sarzeau couvre 1000 hectares d’un seul tenant. Le rôle de ces herbiers est primordial dans le fonctionnement écologique du golfe du Morbihan. En effet, ces Zostères modifient l’hydrodynamisme: par leurs feuillages important elles ralentissent l’écoulement de l’eau, et par leurs réseaux extrêmement denses de racines elles piègent les sédiments contribuant ainsi à la stabilisation, à l’engraissement de la vasière, et à la diminution de la matière en suspension ce qui diminue la turbidité des eaux qui sont alors plus réceptives à la lumière. De la même façon, ils jouent un rôle important dans la capture du naissain car celle-ci nécessite un support propre pour se fixer et se métamorphoser en huître. Par ailleurs, l’activité photosynthétique de l’herbier participe activement à l’oxygénation de l’eau , pratiquement à saturation pendant le jour, et produit une quantité considérable de matière organique qui en se décomposant fertilise les vases et les eaux. Ceci est favorable au développement du plancton végétal composé d’une grande variété d’algues microscopiques parmi lesquelles les diatomées à coques silicieuses pullulent (180 espèces ont été dénombrés dans les eaux du golfe) et jouent un rôle primordial de par leur position clé à la base de la chaîne alimentaire. Enfin les herbiers constituent, par leur abondant feuillage, un abri naturel pour la faune benthique et un milieu permanent ou temporaire pour la reproduction et le nourrissage.

Le phytoplancton est la nourriture de base du zooplancton composé essentiellement d’adultes de crustacés microscopiques, d’œufs et de stade larvaires de: Vers, Mollusques, Crustacés et Poissons. Au sein de la vase la vie animale est abondante (densité moyenne de 4000 habitants au km2) et varié (120 espèces différentes ont été dénombrées appartenant principalement aux : Vers annelés, Mollusques, Crustacés et Echinodermes). La plupart de ces animaux vivent dans des galeries en réponse aux contraintes du milieu et des prédateurs. Selon leurs régimes alimentaires on distingue: les détritivores avec les vers annelés, les dépositivores se nourrissant de bactéries et algues microscopiques et constitué majoritairement du Scrobiculaire Scrobicularia plana, les suspensivores qui attendent que la marée monte pour se nourrir du plancton et où on retrouve la « grande palourde » Tapes decussatus, et d’herbivores strictes qui broutent les algues et les feuilles de zostères et parmi lesquelles on retrouve le Bigorneau Littorina littorea. Ces espèces constituent une réserve importante de nourriture pour les vers annelés libres, les oiseaux et les poissons.

D- Les marais endigués (carte annexe 11)

Les marais occupent un espace d’environ 900 ha et les plus remarquables sont les anciennes salines: des marais du Duer de Sarzeau (21 ha) et ceux des marais de Séné (220 ha) . Ils constituent un véritable réservoir énergétique (que le jeu des marées dispersent et diluent régulièrement dans les eaux du golfe) de détritus, matière organique dont une partie est directement assimilable par les huîtres et d’éléments minéraux qui jouent le rôle de catalyseur pour le plancton marin.
II- Les intérêts floristiques et faunistiques

A- Les particularités floristiques

La douceur du climat se traduit par la présence d’un cortège de plantes méditerranéennes sur le continent avec des espèces spontanées: l’Arbousier Arbutus unedo et le Chêne vert Quercus llex, et des espèces plantées avec le Mimosa Acacia dealbata et le Figuier Ficus carica.

B- La faune benthique

Les ascidies, petits invertébrés de l’embranchement des Tuniciers, constituent sur les fonds du golfe d’abondantes populations dont l’activité de filtration diminue la turbidité de l’eau. Elles rentrent en compétition avec les larves d’huîtres pour se fixer sur des supports naturels ou artificiels.
Le golfe offre aux huîtres des conditions de développement favorable comme le témoigne la présence de bancs naturels d’Huîtres plates Ostrea edulis.

Les espèces de Crustacés benthiques présentes dans le golfe sont fort appréciées des gourmets; En effet on retrouve dans le bassin oriental de la Crevette rose Palaemon et dans le bassin occidental sur les fonds rocheux qui ceinturent les îles des populations d’Etrilles et de Homards, qui après une éradication totale se développent à nouveaux.

C- L’existence d’une nurserie pour les poissons et les seiches

Plusieurs espèces nobles (Soles, Rougets, Bars, Mulets, Plies) trouvent dans les herbiers de zostères des conditions de température, d’aération de l’eau et de disponibilité de nourriture particulièrement propice à une croissance rapide. On parle de zones d’engraissement.
Au printemps la température du golfe devient supérieure à celle de l’océan favorisant la migration des alevins d’Anguilles de septembre à mars et celle des Seiches Sepia officinalis de mars à juillet. Ces dernières pénètrent dans le golfe au mois de mars pour se reproduire et elles pondent 20 à 40 millions d’œufs sur les armatures des casiers étant donné qu’il n’existe pas de zones naturelles propices à leur développement; or les casiers étant sortis de l’eau au mois de mai, les œufs sont détruits avant les premières éclosions. Les femelles pondent la totalité de leurs œufs en une seule saison, les œufs pondus en mars donnent des seiches de grande tailles alors que ceux pondus en juillet donnent des seiches de petites tailles. C’est la température qui serait responsable de cette différence de taille. En effet, l’augmentation de température favoriserait le développement de l’embryon et cela pour une température optimale du développement de l’œuf comprise entre 15°c et 18°C.

D- La richesse ornithologique

Cette station ornithologique est l’une des plus séduisantes de l’Europe occidentale car on y rencontre 2/3 des espèces de l’avifaune européenne. C’est surtout la partie orientale du golfe qui est concernée en raison de la faible pression anthropique, en outre plusieurs facteurs complémentaires favorisent cette densité élevée de populations ailées: le site placé sur la grande voie de migration de l’ouest européen (la ‘Flying line’), le climat clément, la vaste baie abritée et la nourriture abondante de la ‘vase nourricière'(carte annexe 11). Ainsi le golfe offre un lieu de reproduction, d’escales à quelques oiseaux rares comme la Spatule et d’aires d’hivernage aux oiseaux migrateurs comme les Canards, Grèbes, Mouettes, Bernaches, Echassiers…

Fin septembre 20 à 30 000 Bernaches cravants (carte annexe 12) en provenance de leur Sibérie natale se posent sur le golfe où elles vont passer l’hiver à déguster leurs mets préférés: les zostères, avant de repartir en février-mars vers la mer du nord où elles constitueront leurs réserves afin de poursuivre leurs migrations vers la Sibérie où elles nichent pendant le court été arctique. Ces oies marines Branta bernicla ont leurs activités diurnes réglées selon le rythme des marées: à marée haute elles semblent préoccupées par leur toilette et à marée basse elles se disputent la nourriture des vasières, pourtant abondante.

Parmi les Anatidés deux catégories sont rencontrées sur les eaux du golfe, les Canards plongeurs, avec les Harles huppés Mergus serrator, ainsi appelés car leur prise de nourriture s’effectue par immersion totale de l’animal et leur envol par une course à la surface de l’eau, et les Canards de surface qui trempent la tête sous l’eau ou l’avant-train pour capturer leurs proies et qui prennent leur envol en bondissant hors de l’eau. Parmi ces derniers on trouve des migrateurs et hivernants avec le Canard siffleur Anas penelope le plus abondant, la Sarcelle d’hiver Anas crecca, le Canard pilet Anas acuta, le Canard souchet Anas clypeata; et des migrateurs hivernants et nicheurs avec le Canard colvert Anas platyrynchos et le Tadorne de belon Tadorna tadorna. Les canards hivernants se reposent sur le golfe pendant la journée et se nourrissent la nuit dans les marais.

Les échassiers comprennent des limicoles très nombreux, 30 à 50 000 individus, qui profitent de la marée basse pour capturer leur proie de petite taille et de la marée haute pour se reposer sur les marais et îlots. On peut citer le Pluvier argenté Pluvialis squatarola, la Barge à queue noire Limosa, le Bécasseau variable Calidris alpina, le Grand gravelot Charadrius hiaticula, le Chevalier gambette Tringa totanus, le Courlis cendré Numenius arquata, l’Avocette Recurvirostra avosetta et l’Echasse blanche Himantopus himantopus en provenance de l’Afrique. Celles-ci arrivent au printemps où elles se reproduisent alors et couvent leurs petits pendant une vingtaine de jours, fin août elles repartent vers le sud et les jeunes de l’année reviendront à leur maturation sexuelle c’est à dire deux ans pus tard. On rencontre aussi des grands échassiers avec le Héron cendré Ardea cinere, la Spatule blanche Platalea leucorodia, et l’Aigrette garzette Egretta garzetta qui niche au printemps en colonie et dont la quasi totalité des populations se trouvent en Afrique en hiver (carte annexe 13).

Notons également la présence du grand cormorand Phalacrocorax carbo et du Grèbe huppé Podiceps cristatus.

Parmi les Laridés figurent le Podiceps cristatus, les Mouettes rieuses Larus ridibundus et les Goélands argentés, cendrés, marins et bruns: Larus argentatus, canus, marinus et fuscus dont la prolifération due à une bonne adaptation à notre société de consommation est responsable de la chute catastrophique des Sternes caugek et pierregarin Sterna sandvicensis et hirundo avec lesquelles ils rentrent en compétition au niveau des sites de reproduction. En effet de 3 800 couples de ces sternes dénombrées en 1958 , il n’en reste plus qu’un seul couple de sterne caugek sur l’ensemble du littoral morbihanais et le bilan n’est pas meilleur pour la sterne pierregarin.

III- Une richesse à protéger

A- La convention de RAMSAR

Ramsar est le nom donné à la convention relative aux zones humides d’importance internationale, qui est entrée en vigueur en 1975 et dont le site du golfe du Morbihan a été désigné en 1991 s’étendant sur 23 000 ha (carte annexe 14). L’importance de ce site est évaluée en partie d’après: sa fonction d’hivernage et de migration des oiseaux, et des seuils numériques d’importance internationales dont le seuil de 1 % des effectifs est dépassé pour 12 espèces dans le golfe, comme le montre le tableau annexe 15. Ces zones humides doivent être protégées car comme montré précédemment, elles abritent une faune et une flore d’une diversité inégalée, elles jouent un rôle essentiel compte tenu des processus hydrologiques et biologiques qui s’y déroulent et elles ont une importance économique notable notamment à travers la production halieutique, agricole ainsi que l’activité touristique. L’objectif de cette convention est de conserver les grandes zones humides en corrélation avec une utilisation durable c’est à dire maintenir les propriétés naturelles de l’écosystème de manière compatible avec une gestion bénéfique pour l’humanité; c’est pourquoi il est demandé d’établir des plans d’aménagement ainsi que la création de réserves naturelles.

B- Des mesures de préservations

Trois conventions ont été signées par des propriétaires privés afin de favoriser la recolonisation de ces milieux par la Loutre.
Une réserve cynégétique marine centrée sur l’île de Bailleron constitue un vaste domaine où toute forme de chasse est interdite.

La réserve de Falguérec-Séné abritait autrefois des salines d’origines artificielles dont la cessation d’activité a révélé son intérêt biologique notamment pour l’accueil et la reproduction des oiseaux d’eaux. La réhabilitation des marais de Falguérec a nécessité un renfort des digues et une restauration des vannages défectueux ; cette réserve s’est vite révélée un support pédagogique important, c’est pourquoi un observatoire à été crée en 1982. Parmi l’avifaune citée plus haut cette réserve abrite parmi les espèces rares: la Spatule, l’Avocette, l’Echasse, le Vanneau, le Chevalier gambette et le Barge à queue noire.

ACTIVITES ECONOMIQUES ET QUESTIONS ENVIRONNEMENTALES

Après avoir étudié les points de vue géologiques, historiques et biologiques, on peut aborder l’économie et l’environnement dans le Golfe du Morbihan. Ces deux thèmes sont étroitement liés de par leurs intérêts opposés. Les deux points de vue seront donc traités conjointement dans ce rapport. Commençons par les activités économiques si diverses, qu’elles semblent peu compatibles entre elles.

I- La pêche

Des pêcheurs au Golfe du Morbihan.
La pêche dans le Golfe du Morbihan fait partie des Affaires Maritimes du Quartier de Vannes qui comprend également le secteur de la Vilaine et celui de la presqu’île de Rhuys. En 1991, 275 navires étaient armés en « petite pêche » ou en « conchyliculture-petite pêche » dans tout le quartier. En effet, les marins pêcheurs exercent aussi le métier de conchyliculteur. Environ la moitié de la flottille consacre plus d’un tiers de son temps à la pêche, l’autre partie, aussi armée en pêche, pratique essentiellement la conchyliculture. L’équipage de chaque navire est constitué de 1 à 3 hommes, comprenant le plus souvent son propriétaire. Les pêcheurs basés dans le golfe utilisent des chalutiers, qui peuvent être transformés en caseyeurs, ou des « plates en V ». Les premiers sortent même du golfe et pêchent les poissons au chalut de fond en baie de Quiberon (Mor Braz) ou pratiquent la pêche à casiers des crustacés et des seiches dans le golfe ou dans la baie. Les « plates en V » par contre restent dans le golfe en mouillant des casiers à seiches et en utilisant des filets à rougets et à mulets. La flottille présente donc une structure artisanale qu’elle gardera certainement dans l’avenir.

Il n’existe pas de port de pêche structuré dans le golfe. En effet, les installations portuaires existent, mais sont dispersées le long de la côte nord, sur les îles principales et près du goulet de Port-Navalo. De plus, elles sont équipées de manière inégale et servent aussi le plus souvent aux plaisanciers.

Le petit port de Port-Navalo.
La production varie beaucoup en nature, tonnage et valeur, selon les saisons (annexe 16). Mais comme on l’a déjà vu plus haut, la flottille utilise différents engins en fonction de ces variations et des rendements obtenus. En général on remarque que plus on avance dans la période de pêche d’une espèce, moins il y a de navires qui poursuivent cette pêche à cause des rendements décroissants. Notons aussi que 90% des marins-pêcheurs sont rémunérés à la part. La drague des coquillages (coques, moules, praires, coquilles St-Jaques) se pratique d’octobre à fin mars, les crevettes sont pêchées de mai à septembre, et la pêche de la seiche aux casiers s’éffectue au printemps.

La pêche à pied des palourdes, moules, bigorneaux, huîtres sauvages, et d’autres mollusques, est pratiquée de façon non négligeable, grâce à de vastes étendues qui se découvrent à marée basse, par non seulement des artisans professionels mais aussi des amateurs qui représentent 80% de tous les pêcheurs à pied (200-250 au total). Cette activité est susceptible de perturber considérablement les refuges de la faune ornithologique (voir aussi Tourisme).

La commercialisation des produits de pêche ne se fait pas à la criée à cause de l’absence d’un centre de débarquement. Les agglomérations urbaines de Vannes et d’Auray offrent des débouchés suffisants et la pêche est vendue soit directement aux consommateurs au cours de tournées ou sur les marchés, soit à des mareyeurs qui passent en camionette. Pour quelques chalutiers, il reste aussi la possibilité de vendre à Quiberon (qui appartient à un autre secteur).

Les pêcheurs se sentent préoccupés par la qualité des eaux, car une dégradation du milieu aquatique menace leur survie économique. Ainsi ils se réjouissent des mesures envisagées dans le cadre de l’évaluation du pré-contrat de baie pour le Golfe du Morbihan, notamment parce qu’ils ne contribuent pas essentiellement à la pollution de l’eau. Rappelons à ce propos qu’il y a des zones déclarées insalubres aux alentours de Vannes où la pêche à pied est interdite (cf. « Les spéciales de l’IGN, Plein-Air: Golfe du Morbihan/Belle Ile »). Les « contrats de baie », évalués entre l’état et les collectivités locales des régions littorales, réclament pour les eaux littorales « un niveau de qualité suffisant, pour ne pas mettre en péril les écosystèmes côtiers, qui constituent un élément majeur du patrimoine écologique national » et « pour permettre le développement du tourisme et des autres activités spécifiques des zones côtières (conchyliculture et aquaculture en particulier) »(Circulaire n° 91-7 du 13 mai 1991).

II- La conchyliculture

L’ostréiculture est l’activité maritime la plus développée et la mieux adaptée à ce site. Comme le tourisme, elle exerce son emprise de façon plus sensible dans la partie occidentale du golfe. Elle est aussi bien implantée dans la rivière d’Auray. En revanche, c’est la réserve ornithologique de la baie de Sarzeau, moins accessible, qui domine à l’Est du golfe et qui limite l’activité ostréicole dans cette zone. Dans les années soixante-dix une parasitose décime les bancs naturels d’environ 1500 ha de l’Huître plate (Ostrea edulis), qui servaient comme lieu de captage du naissain. Les tentatives de repeuplement des parcs par l’Huître creuse portugaise (Crassostrea angulata) n’ont pas aboutit, elle même victime d’une autre parasitose. Les ostréiculteurs ont dû implanter l’Huître creuse japonaise (Crassostrea gigas) de rentabilité moyenne. Aujourd’hui le naissain est acheté en Charentes et élevé dans des poches grillagées en plastique, disposées sur des structure métalliques, dites tables. Ces dernières années 4500 tonnes d’huîtres sont commercialisées par 90 exploitations ostréicoles.
Pour la conchyliculture on craint également que la pollution de l’eau qu’entrainent l’extension des équipements touristiques, le développement urbain et industriel de Vannes et d’Auray et l’augmentation de la production agricole, ne débouche sur une chute de la productivité naturelle des cultures marines. Ce danger existe bel et bien, en effet, régulièrement les étés, une prolifération de dinophytes, qui sont capables de produires certaines toxines, rend la production ostréicole inconsommable.

La Baie de Sarzeau, très peu aménagée du point de vue économique, a toujours été un objet de discussion entre les ostréiculteurs et les protécteurs de la nature. Les ostréiculteurs voulant augmenter le captage du naissain et l’élevage des huîtres, aimeraient bien y mettre des collecteurs de naissain. Ceux-ci se poseraient évidemment sur les herbiers des Zostères qui mourraient. Il en résulterait la remise en suspension de la vase ce qui produirait d’énormes dégâts écologiques pour toute la réserve (problèmes d’alimentation pour les oiseaux). De plus la fixation du naissain sur le support serait fortement diminuée par l’envasement des collecteurs et la récupération des collecteurs en hiver perturberait l’hivernage de toute l’avifaune.

Il vaut mieux trouver un équilibre entre les conditions naturelles et les besoins économiques des conchyliculteurs en adaptant la production à la quantité et à la qualité de nourriture disponible. En réalité la vitesse de croissance des huîtres a baissé significativement les 25 dernières années.

Des conflits entre ostréiculteurs et aménageurs touristiques se sont engagés dans les dernières années: par exemple à propos du rejet d’une nouvelle station d’épuration à Larmor-Baden ou encore à propos du passage à grande vitesse des bateaux touristiques à proximité de parcs à huîtres. L’ostréiculture ne sait pas encore tirer avantage du tourisme (visites d’exploitations, dégustations, etc.). Il pourrait être intéressant de le développer si ce dernier respecte l’environnement.

III- L’agriculture

L’agriculture en général est en net recul depuis quelques décénnies dans les zones littorales (ici plutôt du type extensif), face au développement du tourisme et à l’urbanisation, grands consommateurs d’espace. Par contre les exploitations existantes et leurs méthodes tournées vers une augmentation de la production nuisent aussi au milieu naturel. Le P.O.S. (Plan d’occupation des sols) pour le Golfe du Morbihan montre malgré tout que la majorité de l’espace est consacrée à l’agriculture, en particulier à l’intérieur des terres.
Sur les sous-bassins versants au Nord, il y a un secteur bocager à maillage large avec beaucoup d’élevages intensifs hors-sol de porcins et de volailles. A l’extrémité est du golfe, près de Séné et de Noyalo, se trouvent quelques élevages industriels de porcs et de volailles de type hors-sol à proximité de la côte.

Ce type d’élevage industriel et les exploitations familiales comparables sur tout le bassin versant du Golfe du Morbihan fournissent les industries agro-alimentaires et contribuent à l’enrichissement des eaux du golfe en sels minéraux par la forte utilisation des engrais chimiques et organiques dont les excédents sont rejetés par les cours d’eau dans le milieu marin, après ruissellement et lessivage dans les sols.

Beaucoup de potentialités dans la relation agriculture-tourisme restent à développer (Chambres d’hôtes, vente de produits fermiers par exemple), qui pourraient contribuer à diminuer la pression touristique dans les zones bordant les côtes.

IV- Les industries autour des pôles urbains

Auparavant il y avait sur Vannes une industrie traditionnelle liée au Bâtiment des Travaux Publics. Néanmoins depuis une trentaine d’années s’est installée en réciprocité avec l’agriculture moderne le nouvel essor de l’agro-alimentaire (abattoirs, conserveries, biscuiteries, …) qui représente en réalité un des premiers centres mondiaux. En un même lieu se trouvent rassemblé la production, la transformation et valorisation des produits grâce à une situation géopolitique porteuse et aux avantages de l’infrastructure urbaine. Suite à ça s’est développé le transport routier avec des équipement spéciaux dans la chaîne du froid. De plus il existe une industrie du caoutchouc (Michelin avec 1000 salariés par exemple, qui a sa propre station d’épuration) et une industrie liée au monde nautique. Ainsi la commune de Vannes a permis le développement autour de la ville de huit zones d’activités qui emploient un peu plus de 5000 salariés.
V- Le tourisme

Des bars à Port-Navalo.
Le tourisme (annexe 17) peut être présenté par les chiffres suivants: une population permanente totale du bassin versant du golfe de 135000 habitants en 1993 qui se répartit en deux pôles urbains principaux et une population saisonnière d’environ 50000 habitants. De plus ce site a accueillit environ 1,2 millions de touristes en saison estivale qui dépensaient 2,2 milliards de francs (chiffres de 1995). L’importance économique dépasse donc largement celle des économies traditionnelles comme la pêche ou l’ostréiculture. Par une infrastructure bien développée, l’accès à ce site se fait facilement par voiture, train, avion ou bateau. Le Golfe du Morbihan représente un site de premier rang pour le nautisme avec une trentaine de ports ou de mouillages aux alentours. Dans ce contexte il serait intéressant de savoir qu’il existe encore des anciens bateaux de pêche á voile, sans moteur auxiliaire, les Sinagots. Ces constructions, bien adaptées au golfe, vont peut-être vivre une renaissance par le tourisme.

On peut aussi visiter les sites historiques, faire un tour du golfe en vedette, de la thalassothérapie et pratiquer du sport. Mais le touriste d’aujourd’hui ne pense pas qu’à ses loisirs, il réclame de plus en plus un milieu « naturel » et protégé, et choisit sa destination en fonction de ce critère. Cependant le tourisme par sa contribution à l’occupation de l’espace engendre un développement urbain néfaste pour l’environnement de par là pollution visuelle et physique (égouts) qui en découlent. D’autre part, en zones non-urbanisées les habitations ne sont pas toutes raccordées à un réseau d’assainissement. Par ailleurs, l’impact de l’homme peut se traduire par le dérangement des animaux. Une approche inconsciente, également du côté mer (toute sorte de nautisme de loisirs ou professionnel), peut perturber les comportements d’alimentation, d’incubation, de parade ou de repos. Ce stress fatal pour l’avifaune du golfe, diminue les aires de refuges. La flore par contre est soumise au piétinnement. Cette compression verticale et déplacement horizontal des sols, changent les propriétés naturelles et facilitent l’érosion. En effet, les espèces fleurissent le plus souvent en saison touristique, de ce fait les chances de reproduction diminuent. Même le touriste « naturaliste » entre dans ce cercle vicieux; à la recherche de la nature il la détruit. Il est évident que l’aménagement touristique doit passer par la préservation de l’environnement de qualité, sinon une fréquentation n’est plus envisageable. Il est bien logique qu’on essaie de préserver les zones les moins accesibles et jusqu’ici les moins endommagées par les actions humaines. Les réserves de la baie de Sarzeau ou de Séné-Falguérec montrent la bonne direction.

Toutes ces activités autour et dans le Golfe du Morbihan contribuent à la dégradation du milieu naturel. Une des plus importantes causées par l’action anthropique actuelle est la pollution de l’eau puisqu’elle serait capable de mettre en cause presque toutes les activités économiques et le gagne-pain d’une grande partie de la population permanente résidante autour du golfe.

VI- La pollution de l’eau et les actions de préservation

Des études dans le cadre du pré-contrat de baie pour le Golfe du Morbihan ont été faites pour estimer les flux des sels nutritifs entrants dans le golfe. En calculant le rapport entre les flux de matières nutritives, essentiellement de l’azote et du phosphore sous différentes formes chimiques, et une évaluation de la biomasse alguale, on peut estimer la contribution des actions humaines sur l’eutrophisation du milieu.
L’industrie contribue avec les eaux de lavage, de fabrication et les liquides résiduaires (de l’agro-alimentaire, des équarrissages, des abattoirs, des laiteries, etc.) à l’enrichissement en sels nutritifs des eaux. L’agriculture joue un rôle par les fertilisants organiques et inorganiques. De plus des problèmes se posent maintenant par les rejets diffus d’origine individuelle (l’assainissement individuel dans les communes rurales) et les sources diffuses d’origine agricole. Les rejets domestiques et industriels par contre, comme sources ponctuelles d’origine collective, sont traités plus ou moins efficacement dans les 33 stations d’épuration (situation 1993) qui rejettent les eaux traitées directement dans les cours d’eau. Une minorité de stations apporte la plupart de l’azote et du phosphore. La station de Vannes Kermain p.ex. rejetait dans le golfe 61% du N et 38% du P estimé par l’ensemble de toutes les stations. Des mesures ont été prises et une nouvelle station à traitement biologique à Thoannic devrait remplacer en printemps 1997 la station de Kermain. Sur le plan agricol, c’est le nord du bassin versant avec les excédents en sels minéraux des engrais qui sont estimés comme une des plus importantes sources de N et P (annexe 18 et 19). Il s’y ajoute le tourisme du littoral (assainissement non raccordé) et les industries autour des pôles urbains. Il faudrait améliorer les stations d’épuration existantes avec leurs capacités et modifier les pratiques agricoles sur le bassin versant.

Une étude pour le pré-contrat de baie en 1995 avait mentionné une prolifération d’algues vertes aux printemps affectant surtout l’embouchures des trois rivières. Ces endroits reçoivent en effet, leur maximum de sels nutritifs avec l’azote printanier d’origine urbaine (Rivière de Vannes) ou agricole (les deux autres). Mais il faut souligner qu’ on ne considère pas encore cette situation comme une eutrophisation marquée (annexe 20).

CONCLUSION

Même si notre étude enlève un peu de la féerie sur la légende du Golfe du Morbihan, le regard scientifique porté sur ce site nous amène à le voir tout autrement. En effet, le cadre physique qui induit un hydrodynamisme particulier, a permis l’installation de vasières dans le bassin oriental. Celles-ci sont propices au développement d’une biocénose particulière, riche et qui confère au Golfe du Morbihan son originalité. Dès le Néolithique, les hommes ont su exploiter cet environnement, action qui se poursuit aujourd’hui. Mais parfois, cette pression anthropique trop forte peut déséquilibrer l’écosystème et le simplifier. C’est pourquoi il faut prendre des mesures de préservation afin que conserver ce patrimoine dans l’esprit du développement durable.

A l’entrée du golfe.
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